Le jour où… GP de France 1971 : Circuit Paul Ricard, première !

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Pour Paul Ricard, il était évident que le circuit ultra-moderne qu’il avait construit sur le plateau du Castellet était destiné à devenir le théâtre du Grand Prix de France de Formule 1. Et pour cause : jusque-là, la manche française évoluait sur des circuits non-permanents à la sécurité surannée comme Reims, Rouen ou Charade (près de Clermont Ferrand). Un an après son inauguration, la logique l’emporte : le circuit méridional accueille le GP tricolore sur ses installations permanentes et le propulse dans une nouvelle ère, avec ses larges zones de dégagement, ses vastes stands et sa signalisation lumineuse.

En s’installant dans le paddock, le Formula One Circus admire des installations dernier cri et il ne manque pas non plus d’apprécier, en prime, l’environnement local. Ainsi, sitôt leur travail terminé sur le circuit, les pilotes foncent vers Bandol et plus précisément vers la plage de l’hôtel de l’Île Rousse où ils s’adonnent avec délice aux joies du ski nautique et des bains de soleil. Les médias aussi sont sous le charme, à l’exception du vénérable Denis Jenkinson.

Avec son inhabituelle ligne droite de 1,8 km, le circuit se présente comme un terrain taillé sur mesure pour les puissants 12 cylindres dont les rugissements rauques couvrent le chant des cigales. Victorieuse lors du précédent Grand Prix, en Hollande, la Scuderia Ferrari se verrait bien récidiver mais c’est sans compter sur l’équipe Tyrrell-Elf.

Cette dernière inaugure un nouveau bouclier avant intégrant une prise d’air qui permet de bien mieux alimenter le V8 Cosworth, lui faisant gagner quelques chevaux supplémentaires. Au passage, le bruit du moteur s’en trouve un peu modifié et certains suspectent Elf d’avoir fourni à son équipe un carburant illicite. Par précaution, la FFSA procède à des prélèvements de carburant.

Lors des qualifications, Jackie Stewart démontre le bienfait de cette évolution technique. L’Ecossais place sa Tyrrell en pole et devance de 8/10e les deux Ferrari de Regazzoni et Ickx ! Sur la grille de départ, certaines voitures arborent un large sticker aux couleurs du circuit Paul Ricard. Il ne s’agit nullement d’un accord de sponsoring mais juste des stickers attestant le passage des voitures au contrôle technique. Ces autocollants imprimés avec la typographie de la société Ricard avaient été très généreusement dimensionnés et astucieusement placés de manière ostentatoire, comme sur le capot avant des Tyrrell, par exemple. Toute publicité est bonne à prendre !

Au feu vert, Jackie Stewart part en tête devant Clay Regazzoni et Pedro Rodriguez (sur BRM à moteur V12) alors que Jacky Ickx, enfermé dans les S de la Verrerie, concède de nombreuses positions. Le pilote belge n’ira d’ailleurs pas bien loin. Son moteur le lâche dès le 5e des 55 tours.

Qualifié 7e, François Cevert commence une belle remontée à la grande joie du public massé en bord de piste. Déjà auteur d’une superbe remontée sur ce circuit lors d’une course de F2 l’année précédente, le Français est en verve après un début de saison anonyme. Alors que Stewart est lancé dans un impressionnant cavalier seul, les spectateurs suivent avec passion l’évolution de son jeune équipier. Cevert pointe 5e au 5e tour, puis 4e deux boucles plus tard, puis 3e au 21e passage, profitant du tête à queue de Regazzoni. Sept tours plus tard, Rodriguez tombe en panne et François Cevert accède à la deuxième place. Les deux Tyrrell sont en tête ! Elles le resteront d’ailleurs jusqu’à l’arrivée, Stewart devançant son jeune équipier de 28 secondes. Même s’il n’est que deuxième, le Français à la gueule d’ange est ovationné comme un vainqueur par un public ravi de s’être trouvé un nouveau héro.

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