Pourquoi parle-t-on de kilos d’essence plutôt que de litres ?

/Pourquoi parle-t-on de kilos d’essence plutôt que de litres ?

Technologie F1 : focus sur les carburants de la performance

Tout simplement parce que l’unité de poids est plus fiable et pratique que l’unité volumétrique. En effet, la température affecte le volume du carburant : plus il fait chaud, plus il se dilate. Si bien qu’une allocation calculée en litres de carburant devrait être revue pour chaque Grand Prix en fonction des conditions météorologiques. La réglementation fixe donc à 105 kilos la quantité de carburant maximale qu’une monoplace peut embarquer pour la course, et interdit de refroidir l’essence de plus de 10°C par rapport à la température ambiante, laquelle est relevée et officiellement communiquée aux équipes à deux heures du départ. Par ailleurs, la consommation ne peut excéder 100 kg par heure et un débitmètre permet de la contrôler.

Le réservoir, situé juste derrière le pilote et devant le moteur, est en fait une poche souple de caoutchouc dont la composition et la fabrication doivent être agréées par la FIA. Ce réservoir doit être enfermé dans une structure écrasable qui fait partie de la cellule de sécurité de la voiture, laquelle doit pouvoir résister à de très fortes charges d’impact conformément à la réglementation sur les crash tests. Enfin, toutes les conduites sont scellées et auto-étanches, sachant qu’aucune d’entre-elles ne doit traverser le cockpit.

Un écart de densité de l’essence de 0,025 induit un écart de 5 litres sur la contenance donc la taille du réservoir d’une monoplace ! Raison pour laquelle les compagnies pétrolières partenaires des écuries et motoristes formulent des carburants avec les plus forts contenus énergétiques et densité possibles afin de ne pas pénaliser la conception du châssis. Ils sont ainsi associés à l’effort d’intégration des organes et périphériques des moteurs, tout comme à la récupération d’énergie et l’aérodynamique via les caractéristiques thermiques des gaz d’échappement !

La formulation des carburants F1 est strictement encadrée par la FIA, qui homologue et contrôle sur les Grands Prix les formules utilisées. La législation impose depuis 2008 des composés d’origine non fossile. L’obligation d’incorporer 5,75% (en masse) de composés d’origine renouvelable est ainsi l’un des fondamentaux de la « recette F1 ». Ces molécules peuvent contenir de l’oxygène, à l’instar de l’éthanol, mais également des hydrocarbures tirés de la décomposition de déchets végétaux. Ce sont les carburants renouvelables ou biocarburants de 2e génération. Certains alcools offrent par exemple un indice d’octane élevé permettant de contenir le phénomène de cliquetis sur les turbos.

Une essence de F1 est composée de plusieurs dizaines de molécules – jusqu’à 200 – provenant de coupes pétrolières produites en raffinerie. C’est l’assemblage de ces coupes en fonction de leurs caractéristiques et propriétés (volatilité, réactivité à l’inflammation, contenu énergétique, vitesse de flamme, indice d’octane), ainsi que l’incorporation d’additifs, qui permet aux ingénieurs de créer le super sans plomb le mieux adapté aux chambres de combustion de leurs partenaires motoristes.

Si un super sans plomb tel que mis à la disposition des automobilistes à la pompe pourrait nourrir les propulseurs F1, il n’offrirait cependant pas un rendement optimal. La perte de puissance serait d’environ 30 chevaux.

12.01.18Actus GP France

PASS A LA JOURNEE, CE QU’IL FAUT SAVOIR…

Lire la suite
11.01.18Actus GP France

COMMUNIQUE DE PRESSE 11/01/2018 – GRAND PRIX DE FRANCE FORMULE 1

Lire la suite
09.01.18Le Saviez-Vous

La vie des mécanos de course

Lire la suite