Le jour où… GP de France 1954 : Le coup de maitre des flèches d’argent

/Le jour où… GP de France 1954 : Le coup de maitre des flèches d’argent

Depuis la création du championnat du monde en 1950, la Formule 1 voit rouge. Les constructeurs italiens se livrent en effet à un véritable récital. Alfa Romeo, Ferrari et Maserati se déchirent et déchainent la passion des tiffosi, comblés à chaque fois que retentit leur cher canto degli Italiani. Les équipes françaises Talbot et Gordini sont fidèles au poste mais ne sont pas de taille à contrer cette suprématie. Peut-être que l’arrivée d’une équipe allemande changera la donne…

Mercedes a en effet décidé de s’engager en Formule 1. Après les sombres heures de la guerre et de l’après-guerre, l’Allemagne retrouve peu à peu une place normale dans le concert des nations. Le sport en est une illustration et la venue de Mercedes en Grand Prix apparaît comme un symbole. Pas question de rater un tel rendez-vous. D’ailleurs, la firme à l’étoile a bien préparé son affaire.

Ses grands débuts sont prévus pour le Grand Prix de France, quatrième  manche de la saison 1954. A peine les voitures allemandes sont-elles sorties du camion qui les a amenées jusqu’au circuit de Reims, qu’un vent de panique s’empare du paddock. Jamais des voitures de course n’avaient dégagé une telle impression d’invincibilité que ces trois W196R argentées. Un seul regard suffit en effet pour prendre la mesure des ambitions de la firme allemande. En effet, pour mieux avaler –ou plutôt dévorer- les longues lignes droites du circuit de Reims-Gueux, Mercedes a préparé de superbes monoplaces dont la carrosserie aérodynamique recouvrent les roues : du jamais vu en Formule 1 !

Dès la première séance d’essais, cette flèche d’argent met dans le mille. Grâce à sa carrosserie profilée, la Mercedes gagne 20 km/h et taquine allègrement les 285 km/h en pointe. Juan Manuel Fangio devient même le premier pilote à passer la barre des 200 km/h de moyenne sur un circuit routier européen ! Cet exploit lui vaut de gagner 50 bouteilles de champagne. Il sonne surtout comme un avertissement cinglant…

Sans surprise, les Mercedes de Juan-Manuel Fangio et de Karl Kling signent les deux meilleurs chronos des essais qualificatifs. Seul Alberto Ascari parvient à éviter un insolant triplé. Au prix d’un effort improbable au volant de sa Maserati 250F dernier cri, le champion du monde en titre devance la troisième Mercedes du jeune Hans Herrmann et s’invite donc sur la première ligne de la grille. Cette performance ne changera rien à l’implacable réalité : dès le départ de la course, les Mercedes partent comme des flèches.

Aux prises à un problème de transmission, Ascari doit renoncer dès le premier tour et les trois W196R paradent en tête ! Herrmann signe ce qui restera comme le meilleur tour en course mais il doit abandonner au 17e passage (moteur). Cette alerte incite Alfred Neubauer, le légendaire directeur sportif de Mercedes, à la prudence. Avant même la mi-course, il passe un panneau à ses pilotes leur demandant de figer les positions afin d’assurer le doublé mais Karl Kling ignore superbement cette consigne. L’Allemand qui dispute son premier Grand Prix n’hésite pas à attaquer son équipier et lui ravit la tête !

Les deux hommes se disputent alors le commandement pendant toute la deuxième partie de course, méprisant les quelques gouttes de pluie qui viennent dégrader les conditions d’adhérence lors des derniers tours. Expert au petit jeu de l’aspiration (il a déjà été champion du monde en 1951), Fangio finit par avoir le dernier mot et remporte une victoire qui le mènera très vite vers le premier titre mondial remporté par un pilote Mercedes.

07.11.18Actus F1

Bienvenue à Hanoï !

Lire la suite
02.10.18Actus GP France

Le Grand Prix de France de Formule 1 était au Mondial de l’Auto

Lire la suite
31.08.18Actus GP France

COMMUNIQUE DE PRESSE 31/08/2018 – RENDEZ-VOUS PRIS POUR LE GRAND PRIX DE FRANCE 2019

Lire la suite