Le jour où… GP de France 1958 : Hawthorn refuse de doubler Fangio

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6 juillet 1958. Un dimanche de Grand Prix de l’ACF à Reims. Une course aux émotions multiples. Sur la grille de départ, Mike Hawthorn en pole position. Le britannique à la gueule d’ange blond, qui court souvent en nœud papillon, incarne la démesure de sport automobile des années 50. Il aime vivre comme il roule. Vite. Au panache. Trompe-la-mort.

En Grande-Bretagne, il divise depuis des années l’opinion publique. Pour certains, il est en partie responsable du terrible accident des 24 heures du Mans en 1955. Pour d’autres, il s’est arrangé pour échapper au service militaire. Il souffre pourtant d’une grave insuffisance rénale. Bien qu’il ait porté haut les couleurs de Jaguar en endurance, on lui a reproché de rouler pour Ferrari en Formule 1 plutôt qu’avec une équipe britannique. Il aime les femmes aussi, les soirées bien arrosées, pas forcément raccord avec certaines valeurs puritaines.

Au volant, son talent est indéniable. Il s’est signalé en 1953, sur ce même circuit champenois, au prix d’un dépassement culotté dans le tout dernier virage pour ravir la victoire à Juan Manuel Fangio au terme d’un Grand Prix passé à la postérité. Cinq ans plus tard, le légendaire argentin aux cinq titres mondiaux est au crépuscule de sa carrière. « El chueco » approche de la cinquantaine, il n’a plus rien à prouver et ne participe pas à l’intégralité du championnat du monde. Sa Maserati est en outre loin du compte.

Ce jour-là, Fangio n’est logiquement pas concerné par la victoire. Mike Hawthorn roule en tête. Derrière, son coéquipier italien Luigi Musso cravache ferme pour le dépasser. On le dit ruiné, miné par un pacte entre Mike Hawthorn et Peter Collins, le troisième pilote de la Scuderia. Musso a désespérément besoin de la prime du vainqueur, il prend tous les risques, perd le contrôle de sa rossa au virage de Muizon. L’auto quitte la piste, butte sur un talus, part en tonneaux. Ejecté, l’Italien ne survivra pas à ses blessures.

Devant, Mike Hawthorn a course gagnée lorsqu’il revient sur Juan Manuel Fangio pour lui prendre un tour. Il ralentit, reste délibérément dans le sillage de l’Argentin. Interrogé à l’arrivée, il déclare : « on ne prend pas un tour à Fangio ».  Grande classe. Fangio ne disputera plus le moindre Grand Prix.

Mike Hawthorn, lui, décroche le titre trois mois plus tard au Maroc, devant son compatriote Stirling Moss, pour devenir le premier Britannique sacré champion du monde de Formule 1. Mais la course est marquée par un autre accident mortel, fatal à Stuart Lewis-Evans. Entre temps, Peter Collins avait également trouvé la mort au Grand Prix d’Allemagne. Très marqué par cette funeste saison, Mike Hawthorn met un terme à sa carrière. Il perd la vie à son tour, quelques semaines plus tard en janvier 1959, dans un accident de la route.

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